Soutien au Musée du sel de MARSAL

L'impôt sur le sel


Le sel a constitué une source privilégiée de recettes fiscales dès la plus haute antiquité.
L'archéologie a révélé des traces d'un impôt sur le sel en Chine sous l'Empereur Yu , à la fin du IIème millénaire avant notre ère.
Au VIIème siècle avant J-C, le commerce du sel y devient un monopole impérial.
Nous savons que l'impôt sur le sel existait en Egypte et en Syrie sous les successeurs d'Alexandre le Grand.
Dans le monde romain on attribue son institution à l'un des premiers Rois de Rome bâtisseur de salines,
 Ancus Marcius.
Le censeur Marcus Livius, qui en augmenta les droits reçut le nom de Salinator .
Si tous les états ont ainsi taxé le sel, c'est que celui-ci était la matière imposable idéale : les moyens de productions concentrés et trés localisés permettaient une surveillance facile.
Cet impôt semblait équitable, puisque consommé par tout le monde en quantité apparament égale, le fisc pouvait en calculer facilement les rentrées fiscales.

C'est en France que cet impôt appelé « gabelle » fut le plus durable, le plus constant, le plus éprouvant et donc le plus impopulaire.

La gabelle était levée par une Compagnie de financiers, la Ferme générale, à qui le roi en affermait la perception. Les fermiers généraux et leurs innombrables commis étaient universellement détestés.


Recouvrements des impôts indirects par les Gabelous, en 1780 la gabelle en faisait partie.
C'est le Radeur, Officier des gabelles, qui avait pour fonction de mesurer le sel
en le rasant sur un minot ( mesure à sel de 52 l ).
A gauche un banc à sel servant à son transport vers les greniers royaux . 


La gabelle vient d'un mot d'origine hébreu gab qui signifie tribut et arabe kabala qui signifie taxe.
Au départ ce mot s'appliquait à toutes les taxes prises sur les marchandises.
 En France, sous les premiers Capétiens la gabelle représentait un impôt de consommation, puis il désigna l'impôt royal sur la vente du sel monopolisée au profit de l'état.
Il représenta une taxe perçue en obligeant les habitants à se fournir dans les greniers ou magasins du Roi, à un prix fixé par avance.
Cet impôt a apporté une contrebande effrénée à chaque frontière des pays francs, les chemins de la contrebande pouvaient mener à la misère, la prison, les galères, et même la mort.
Un des faux-sauniers les plus connus par le nombre de ses arrestations est Jean Chouan  le représentant d'un combat contre un régime fiscal inique.


Départ des faux-sauniers ou fraudeurs vers les galères royales.

A la révolution, la gabelle fut abolie, mais un nouvel impôt sur le sel la remplaça jusqu'en 1946, seul subsiste encore le sobriquet de gabelous  dont on affublait les douaniers qui à l'époque contrôlaient cet impôt sur le sel.
De nos jours, le sel alimentatire fait encore l'objet d'une imposition dans certains pays, en Suisse par exemple ce sont les cantons qui ont le monopole du commerce du sel d'Etat.
db