HISTOIRE LOCALE EINVILLE

Le Club d’Histoire locale du foyer rural d’Einville-au-Jard a été créé en 1978, son objectif est de rappeler ce qui a existé dans la commune afin que des évènements importants ne disparaissent à jamais des mémoires.
Sauvegarder la mémoire collective et la transmettre aux générations présentes et à venir est l'un des leitmotifs de ses membres.

Ses activités sont nombreuses, ne parlons que des récentes : Publication de plaquettes, expositions avec diaporamas, collecte de tout ce qui constitue la mémoire du village. C’est ainsi que sur le site d' Einville-au-Jard on peut voir toutes les cartes postales que nous avons scannées et regroupées par thèmes.

Où travaillons-nous ? à la Maison de la Halle (précisons que cette maison restaurée, a plus de 500 ans ) et à la Mairie, dans un local proche des archives, ce qui nous permet maintes recherches dans ces archives, nous photographions des documents qui constituent « une manne » pour nous !

Restauration Maison de la Halle en 2004.


Nos expos et nos réunions ont lieu à la Maison de la Halle, notre vitrine, dans un cadre agréable, chaleureux et convivial. La dernière plaquette que nous avons publiée s’intitule «Souvenirs de guerre».La libération tant attendue

Nous nous réunissons tous les mardis après-midi à 14 h Maison de la Halle.
Avec l'Association de généalogie "Famille de nos Villages", nous assurons également une permanence chaque dernier mardi du mois, dans nos locaux Maison de la Halle.

La dernière exposition du club en 2011 parlait de l'exploitation du sel à Einville.
Francis exposant au Centre Culturel Erckmann de Lunéville en avril 2011.


Einville, situé sur la veine de sel, à plusieurs dizaines de mètres de la surface, a connu deux salines : la saline Saint Laurent  arrêtée en 1965, et la saline Sainte-Marie encore en activité sous l'appellation Saline d'Einville  emploie 26 personnes, nombre nettement inférieur à celui de la pleine activité de jadis.
A la fin du 19éme siècle, « 1'or blanc », c'est-à-dire le sel, suscita un grand intérêt en Lorraine et les demandes de concessions étaient trés nombreuses. Il est vrai que 1'on escomptait des revenus très substantiels, voire mirifiques, de cette exploitation du gisement de sel.

C'est ainsi que deux sociétés: COLOMBIER pour Saint Laurent et LA SABLONNIERE pour Sainte Marie, se disputèrent le sous-sol d'Einville. Finalement, elles trouvèrent un terrain d'entente et exercèrent chacune leur activité. À la mine St Laurent le sel était extrait par les mineurs au fond de la mine (sel gemme). A la Saline Ste Marie et encore actuellement, Saline d'Einville il est dissout dans la veine de sel par l'envoi d'eau sous forte pression. La saumure, (eau et sel) récupérée est évaporée dans de grandes «poêles chauffées ».

Saline St Laurent
La saline Saint Laurent, dont les statuts ont été déposés en 1871, exploitait le sel gemme par galeries de 10 à 15 m de largeur et de 4, 50m de hauteur. La production annuelle par extraction était de 350 000 quintaux utilisés dans l'industrie et l'agriculture. Les puits, les galeries et la mine étaient éclairés à 1'électricité dès 1917 et la Société JEANMAIRE fournissait également l'éclairage électrique à la commune d'Einville-au-Jard. En outre, cette saline produisait du sel raffiné par évaporation, comme l'autre saline. C'était une saline importante puisqu'elle occupait la cinquième place des salines lorraines.


Saline St Laurent avant sa démolition vers 1960.


Elle cessa sa production durant la première guerre mondiale, entre 1914 et 1917. En revanche, ses activités furent très importantes durant la seconde guerre en raison de la fermeture des salines mosellanes. A cette époque, elle employait jusqu'à 200 Saliniers ou Mineurs. Ces hommes étaient des « ouvriers-paysans », c'est-à-dire que, leur journée de travail terminée à la saline, ils cultivaient jardins et chenevières. Parfois, ils venaient des villages environnants et ce, quel que soit le temps en hiver.

La solidarité exemplaire des Mineurs, on lit sur l'écriteau
"Les Mineurs béchant les terres de leur camarade décédé".


Victime, comme tant d'autres, de restructurations industrielles, cette saline cessa ses activités en 1965. Son site appartient à la Compagnie des Salins du Midi et Salines de l'Est située à Varangéville qui assure l'entretien de la mine et de la salle des machines ; celui-ci passera à la DREAL (Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) en 2018.

 On peut encore voir de loin : le chevalement du puits, la maison de la régie où était perçu un impôt sur le sel jusqu'en 1946 et, en face, le long du canal un bâtiment où le sel d'utilisation agricole, était dénaturé par 1'adjonction de peroxyde de fer. Ce grand bâtiment servait également à 1'expédition du sel par péniches. Quant aux maisons de l'usine, elles ont toutes été vendues à des particuliers dans les années 1960-1970.

Un projet de valorisation du patrimoine salin sur le territoire du Sânon est actuellement à l'étude par le groupe « patrimoine » de la Communauté de Communes du Sânon. Il déboucherait sur la création d'un circuit autour du sel.

 Saline Sainte Marie dite Saline d'Einville
Située à l'entrée du bourg et toujours en activité, elle est précédée d'un chevalement de puits de sondage, reconstruit à l'identique. Les premiers sondages étaient situés à cet endroit, aujourd'hui ils sont implantés à la lisière de la forêt et dépassent à peine du sol.

Cette saline a commencé à fonctionner en 1871 à partir de la concession « La Sablonnière ». Elle est située sur les territoires d'Einville, Maixe, Serres. C'est aujourd'hui une PME dynamique. Contrairement à la saline Saint Laurent, cette saline ne produit pas de sel gemme puisqu'elle ne possède pas de mine.

Le sel est extrait par dissolution au contact d'une nappe d'eau douce d'une grande pureté, régulièrement et rigoureusement contrôlée. Autrefois, 1'eau salée était chauffée dans des poêles, les bassins de décantation étaient appelés baissoirs. L'enlèvement du sel dans les poêles se faisait à l'aide de pelles trouées appelées râbles puis volants.
Le nombre maximun de 90 saliniers fut atteint vers 1950, une trentaine de femmes conditionnaient le sel sec. Les hommes, quant à eux, étaient répartis en trois groupes : les tireurs de sel, les équipes de chargement, les équipes d'entretien. Le canal faisait partie intégrante de l'entreprise.


Aujourd’hui, Saline d’Einville fait découvrir pour le plus grand plaisir des palais
la récolte des Pétales de Sel.


Les Pétales de Sel, élus saveur de l’année 2002, sont les premiers cristaux de sel qui apparaissent à fleur de saumure des poëles. Ils sont reconnaissables à leur extrême blancheur et à leur transparence légère. Fragiles et éphémères, susceptibles de disparaître au moindre souffle de vent, ils sont recueillis par le Maître Salinier, dans la fraîcheur du matin avec la plus grande délicatesse identiques à la fleur de sel des marais salants, ils sont trés appréciés des grands chefs et des fins gourmets. Ce qui fait la fierté de la Saline d'Einville, actuellement, c'est la gamme Sel à l’Ancienne qui est composée de 5 produits commercialisés et adaptés à tous les goûts :

Pétales de sel à l’Ancienne (125g)
Le sel moulu en diabolo (250g) et en boîte verseuse (500g)
Le sel moulu aux herbes bio (250g) en diabolo
Le gros sel séché en étui (500g)
Le gros sel égoutté en sachet (500g)

Ces entreprises ont permis d'échapper à l'exode rural de la fin du XIXème siècle  assurant travail et prospérité pour notre localité.

Vidéo FR3 sur Saline d'Einville

Le fichier est assez long à télécharger

Sources db : doc et photos --- F. Dinvaux --- Club d'Histoire locale Einville.