Soutien au Musée du sel de MARSAL

Les Industriels du sel participaient à la fête de la Science samedi 15 octobre 2011 à la Maison du Sel - Haraucourt

Ce samedi 15 octobre 2011 les 5 exploitants producteurs et élaborateurs de sel du bassin de Nancy étaient présents à la Maison du Sel pour nous expliquer la fabrication du sel à l'ancienne, la géologie des différentes couches de terrains ainsi que les techniques de forage et d'exploitation des sondages par dissolution.

.Mr Martin et Mr Schérier représentant  SALINE D'EINVILLE rappellent que naquit depuis plus d'un siècle la récolte d'un sel rare et pur d'une mer évaporée à 200m sous terre au coeur d'un lieu préservé de toute pollution.


Ce sel extrait par dissolution au contact d'une nappe d'eau douce régulièrement contrôlée, est remonté en surface pour être récolté à la main selon une méthode traditionnelle depuis 130 ans. Sans aucun traitement ni additif sa pureté est unique et ses qualités sont multiples.
Naturellement riche en oligo-éléments et minéraux, le sel à l'ancienne est une source de bienfaits essentiels à l'équilibre et au bien-être de l'organisme.




Dans le jardin de la Maison du Sel, on peut voir une démonstration de production de sel à l'ancienne dans une poêle miniature chauffée. Dans une dizaine de litres de saumure saturée et grâce à un vent sec et froid ce matin là, la cristallisation se forme rapidement à la surface en une mince pellicule de cristaux blancs, cueillie par les Saulniers qui la laisse égoutter sur le bord de la poêle.


La cueillette et l'égouttage de la fameuse pétale de sel d'Einville.


Lors du repas de midi organisé par l'association "Tous en Sel", on pouvait déguster sur les frites la légéreté et le croquant de ces cristaux de sel reservés cependant au mets les plus raffinés.
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A l'intérieur de la structure Mr Malgras pour la société ESCO présentait la production industrielle du sel à partir d'un film documentaire sur la fabrication du sel par évaporation et séchage puis la constitution des pastilles de sel 25 mm par la méthode de pastillage et pour finir le conditionnement du sel chez CEREBOS. Il y avait une présentation sur la gamme de sel de table CEREBOS rappelant la légende créée par le Chimiste anglais G. Weddell depuis 1892 qui permit la mise en boite du sel de table grâce à sa découverte d'ajout de phosphate au sel évitant sa reprise en masse(découverte consécutive à la maladie de son petit garçon, voir légende en cliquant sur la photo de droite), d'autre part une exposition de sel comprimé en pastilles représentait la marque AXAL pour l'adoucissement de l'eau, cette technique qui permet d'éliminer le calcaire de l'eau à partir de résine pour la rendre moins dure, la pastille de sel permettant la régénération de cette résine. Il rappela que le groupe commercialise le sel dans de nombreuses utilisations différentes et en particulier le sel pharmaceutique .

Ces marques détenues depuis 2002 par le groupe Européan Salt COmpay (ESCO) sont élaborées à partir des unités de Dombasle sur Meuthe avec un effectif 150 personnes travaillant pour moitié entre l'usine Esco et Cérébos. Ce groupe présent sur toute l'Europe avec 1300 employés produit par an, 10 millions de tonnes de sel gemme, raffiné et saumure, il se répartit sur 19 sites de production et de distribution, du Grand Nord à l'Algarve au sud du Portugal, il est n°1 européen et n°2 en France, Belgique et Allemagne. Son unique actionnaire Kali und Saltz est le premier producteur mondial sur le marché du sel.

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Dans un autre secteur de la Maison du Sel Mr Hertz, Ingénieur Géologue de la Compagnie des Salins du Midi et des salines de l'Est nous parle de l'histoire de la géologie du gisement salifère qui s'est constitué au Trias, il y a 240 millions d'années du fait de l'avancée d'une mer germanique peu profonde venant du nord du continent.
Le sel exploité à Varangéville date du Keuper inférieur, un classement des couches géologiques des différentes périodes de la Terre.

Au Trias cette mer recouvrait une grande partie de l'Europe.

Il explique que le gisement classé en plusieurs faisceaux est très étendu sur environ 250 par 100 km et qu'il s'apparente à un mille-feuilles composé d'épaisseurs variables.
A Varangéville il atteint une épaisseur d'environ 90 m, il est situé entre 80 et 250 m de profondeur. Il nous rappelle la carte d'identité du chlorure de sodium de formule chimique NaCl, qui se forme en cristaux cubiques, c'est un minéral : la halite, il est  peu dense : 2,16 et sa dureté est de 2, sa particularité étant sa solubilité.


Exposé sur la géologie par Mr Hertz, CSME. 
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Dans la salle polyvalente jouxtant la Maison du sel les 2 importants producteurs soudiers grands consommateurs de chlorure de sodium, spécialisés dans la production et la commercialisation du carbonate, du bicarbonate et du sulfate de sodium présentent sur vidéo-projecteur la méthode de forage ainsi que l'exploitation des sondages par dissolution.
Le gisement lorrain se divise en deux grands bassins : Nancy et Dieuze-Sarralbe. Dans le bassin de Dieuze-Sarralbe, toute exploitation a cessé, dans le bassin de Nancy, toujours exploité, 30 concessions ont été octroyées. L'exploitation menée par les sociétés Solvay, Novacarb, Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l'Est  et Saline d'Einville, se concentre sur un ensemble de 11 concessions.


. Mr Delaplace, Chef d'exploitation des sondages pour la soudière NOVACARB de La Madeleine, nous explique qu'un forage est un trou creusé à partir du sol jusqu'à la base du gisement de sel. La colonne de forage est une suite de tiges vissées entre elles et habituellement de taille standard. L'ajout de tiges au fur et à mesure permet de progresser plus profondément. Pour les appareils de forage de taille moyenne et importante, la taille des tiges a été standardisée en moyenne à 9,5 m.Quand à l'outil de percement il est constitué d'un marteau rotatif fileté sur la tige.


 Mr Delaplace, NOVACARB explique la technique de forage.

Il existe plusieurs méthodes de forage, Novacarb utilise la méthode à "marteau fond de trou" utilisant la percussion assortie d'une poussée sur l'outil qui se trouve lui-même en rotation. C'est un procédé très efficace en terrains durs et homogènes jusqu’à 300 m de profondeur.
Cet outillage est actionné par de l'air comprimé à haute pression (10 -25 bars) qui permettra en même temps, la remontée des déblais de forage. Un marteau pneumatique équipé de taillants est fixé à la base d'un train de tiges et animé en percussion par envoi d'air comprimé dans la ligne de sonde, d'où le nom de "marteau fond de trou".


La technique de forage par marteau à fond de trou.

Il explique que jusqu'en 1994 l'exploitation intensive des sondages était réalisée par résaux maillés, aujourd'hui c'est la méthode par pistes beaucoup plus stable qui est retenue.

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Puis à son tour  Mr Vautrin, Chef d'exploitation des sondages de la soudière SOLVAY de Dombasle nous explique la méthode utilisée pour l'exploitation intensive par dissolution, sachant qu'une autre méthode est utilisée par CSME à Varangéville.


Cette méthode créée par la société Solvay, consiste à forer des puits verticaux en ligne sur 1,5 km, espacés entre eux de 50 m et que l'on fore jusqu'à la partie la plus basse du gisement. Sous terre tous ces puits communiquent entre eux par lessivage du gisement en  injectant l'eau douce à la base du puits amont, et en soutirant la saumure par le puits aval c'est la technique dite "des sondages en pistes".
Un apport d'air comprimé est cependant nécessaire pour jouer un rôle de barrière vers le plafond et pour éviter sa dissolution avant épuisement complet du puits par la base.
La dissolution totale contrôlée du gisement entraine plus tard des effondrements en forme de chapelets d'un diamètre d'une trentaine de mètres sur la longueur de la piste de 1,5 km, c'est pourquoi on reconnaît cette forme caractéristiques des cavités sur des photos aériennes.

Mr Vautrin, Solvay : exposé sur l'exploitation par dissolution


Les concessions actuelles Solvay s'étendent sur le plateau de Haraucourt, 750 hectares dont 300 exploités depuis 1904 et Cerville Buissoncourt 500ha dont 110 exploités actuellement.
Il nous rappelle que la constitution d'un dossier de concessions dure plus de 2 ans prenant en compte l'aspect du site avant et après exploitation, il nous éclaire sur la mission de réaménagement des sites de ces grandes étendues d'eau  limitées aux périmètres des concessions qui se combleront dans le temps par remblaiement ou par aménagement du pourtour des plans d'eau, pour les intégrer au paysage.
Ces pourtours sont recouverts de végétation et sont inclinés en pente douce, méthode employée par Haraucourt.


Effondrements salins contrôlés appelés " les cratères".


Suite aux questions posées et en particulier sur les effondrements accidentels de terrains, Mr Vautrin rassure l'assistance en précisant que lorsqu'il n'y a plus injection d'eau douce, la saumure restante dans les  cavités souterraines est incapable de dissoudre le gisement solide suite à sa sursaturation en sel.
La production moyenne annuelle de saumure pour la totalité du bassin est de l'ordre de 2.600.000 tonnes à destination des différents industriels.

Il termine en informant que ces nouvelles zones humides attirent une flore et une faune très spécifique dans ces lieux à découvrir et propose de se rendre à l'observatoire pour une visite commentée des effondrements salins par Mr Martin, Responsable des sondages.
On peut y voir une foreuse ainsi qu'une pompe moderne à étages d'extraction de saumure exposées pour l'occasion.


Cette pompe refoulante descendue au coeur du gisement,
extrait la saumure grâce au puits creusé par la foreuse.


La saumure des sondages est transportée par Saumoduc
pour être stockée en bassins afin de la décanter.


Une journée très enrichissante qui permit de découvrir les techniques anciennes et modernes d'exploitation du gisement salifère du bassin de Lorraine.

db.