Ouverture officielle de la Maison du Sel à Haraucourt 54110.


Une identité de terrritoire qui ne manque pas de sel.


Vendredi 7 octobre 2011 a eu lieu à Haraucourt  une cérémonie pour l'ouverture officielle de la nouvelle Maison du Sel en présence du Préfet de Meurthe et Moselle et de nombreux élus et parlementaires du département.


Après l'accueil des personnalités et devant une nombreuse assistance Christian Guillaume Président de la Communauté de Communes du Grand Couronné prend la parole pour rappeler que la création de ce bâtiment dans le cadre d'un pôle d'excellence rurale est un projet favorisant le développement des territoires ruraux et reçoit à ce titre un financement partiel de la part de l'État et de ses instititions.
Pour recevoir ce label, un projet local doit permettre la mise en valeur des territoires ruraux, il est attribué pour aboutir au développement économique du territoire et fondé sur un partenariat entre des collectivités locales, des entreprises et  des organismes  privés.


Le discours du Président devant une partie de l'assistance.

Il rappelle la dynamique territoriale dans laquelle s'inscrit ce projet, fortement marqué par l’activité du sous-sol du Grand Couronné : L’extraction minière et l'extraction par saumure du gisement salifère pour la fabrication industrielle du sel et de ses dérivés.
L'objectif général étant de valoriser ce patrimoine, culturel, scientifique, historique et industriel spécifique à la CCGC.
Cette démarche, mise en place en partenariat avec de nombreux intervenants : les industriels, les associations d'histoire locale, les intercommunalités voisines et nos partenaires institutionnels Conseil Général et Conseil Régional, répond aux grands axes de développement que la CC du Grand Couronné a acté dans son projet de territoire 2004-2014 et sa charte de territoire.
Conjointement à ce projet se prolonge un itinéraire vers un observatoire ornithologique initié grâce à la Commune de Haraucourt et l'Entreprise Solvay avec découverte des paysages façonnés par l'exploitation moderne du sel; la faune et la flore de l'endroit pouvant y être étudiées et expliquées au public.



Le Président souhaite l'ouverture de nouveaux chemins de randonnées ainsi qu'autour des anciens chevalements du val de Roanne qui méritent une rapide remise en valeur avant leur totale détérioration. Ce caractère innovant de labellisation Pôle d'Excellence Rurale donne aussi des perspectives d'ouverture et de développement plus importants notamment vers l'Europe.

Il termine en remerciant chaque représentant, partenaire et acteur de cette réalisation. Le Président se réjouit que ce bâtiment d'exposition et d'animation visant à valoriser le patrimoine et l'industrie moderne du sel en Lorraine est désormais fonctionnel. Il félicite Guillaume Eckly, Architecte concepteur de cet ouvrage et passe ensuite la parole à Jean-Paul Jaillant Maire de Buissoncourt, Vice Président de la CC en charge de l'Action Sociale, de l'interGénération et du Patrimoine Salin du Grand Couronné.


De gauche à droite :
 Raphaël BARTOLT, Préfet de Meurthe-et-Moselle
Christian GUILLAUME, Président de la C.C Grand Couronné
Jean-Paul JAILLANT, Vice-Président, Fondateur de la Maison du Sel
Laurent HENARD, Député
Jean-François HUSSON, Sénateur
Jean-Pierre LAURENCY, Conseiller général
Philippe NACHBAR, Sénateur
Hervé FÉRON, Député (absent sur la photo).
  
Jean-Paul Jaillant le Monsieur sel de la CCGC convient de rappeler que le sel est le seul produit d'extraction minière exploité en France à l'heure actuelle et que d'autre part, phénomène exceptionnel, l'histoire du sel à travers les siècles se décrit sur un territoire de 50km.

PATRIMOINE SALIN
Pourquoi parler du sel ? Pourquoi lier patrimoine salin et communauté de communes du Grand Couronné ? Pourquoi une maison du sel ? Pourquoi à Haraucourt?
Avant de répondre à ces questions, il faut faire retour vers le passé et rappeler ce que représente le sel dans l’histoire de l’homme.
SEL
Quand on pense au sel, on pense tout d’abord aux rivages de l’Atlantique et aux Paludiers, puis éventuellement à Aigues-Mortes et aux flamants roses.
Mais depuis la nuit des temps, la Lorraine est terre d’attrait pour l’exploitation de son sous-sol : bien sûr, on pense immédiatement fer et charbon. L’exploitation du premier a cessé en 1993 et le charbon n’est plus extrait depuis 2005.
Il reste une troisième ressource dont on ne parle guère car il s’agit d’une exploitation silencieuse et inodore, donc n’évoquant ni fumée noire ni « féerie nocturne » : le sel longtemps appelé « or blanc » avant que cette appellation ne soit reprise par la montagne et la neige.
La Lorraine et le sel partagent une longue histoire et il n’est qu’à lire les noms de quelques villes ou lieux géographiques qui évoquent immédiatement la couche de sel.

Les sites symboles
Il s’agit d’un contexte exceptionnel car on peut étudier le sel et son exploitation depuis la nuit des temps jusqu’à ce jour, sur une distance de 50km.
Trois sites sont particulièrement représentatifs de ce voyage à travers l’histoire du sel :
- MARSAL et le site de la vallée de la Seille pour la découverte entre autre des mares salées et du briquetage, lieu toujours actuel de fouilles archéologiques,
- DIEUZE, qui représente l’époque moderne après avoir allégrement survolé l’histoire de l’Evêché et des Ducs de Lorraine. On retiendra les quais de la Délivrance, la Saline Royale, le puits à sel.
- La Meurthe avec les vallons du Sanon et de la Roanne qui sont, à partir du 19ème siècle, les représentations du développement de l’industrie en milieu rural et l’utilisation de nouvelles techniques d’extraction.
A cette époque une vingtaine de salines s’étendaient d’Einville à Tomblaine. Actuellement il reste quatre industriels (trois groupes de dimension internationale et une PME) ainsi qu’une saline, qui exploitent le sel sur un même secteur rural.

SEL et MEURTHE
Sur de vastes espaces s’étend donc l’activité salifère avec utilisation de différentes méthodes allant de l’exploitation minière au sondage par dissolution. Cette activité a un fort impact sur les paysages ruraux mais d’un autre côté est le symbole de l’essor de la chimie, branche dévoreuse de sel.
Il semblait nécessaire de faire connaître cette exploitation silencieuse et faire reconnaître à leur juste valeur les terres de sel.
Développer patrimoine culturel et patrimoine scientifique, faire savoir la richesse d’un territoire et ses contraintes pour les habitants, éviter qu’en fin d’exploitation on perde la mémoire d’un territoire comme l’expérience le fait apparaître dans certains domaines liés au fer et au charbon.
C’est ainsi qu’est né le projet de développement du patrimoine salin labellisé par l’Etat, pôle d’excellence rural.

Du Patrimoine Salin au Carrefour des Sciences et de l'Environnement.
 
Le pôle d'excellence rural du Grand Couronné initié en 2006,
concerne un territoitre de 15 000 hectares composé de 19 villages.
C'est aussi un poumon vert pour l'agglomération nancéenne.

Maison du Sel
Le point d’ancrage, l’élément phare du projet consistait en la réalisation d’une maison du sel. Pourquoi une maison ? car il s’agit d’un lieu de vie et d’animation destiné à apporter connaissance et échange à toutes personnes intéressées : habitants, scolaires, étudiants, industriels, chercheurs, universitaires, etc.. Du musée de Marsal à la chimie d’aujourd’hui en passant par DIEUZE, notre histoire lorraine du sel serait lisible et enfin valorisée.

Le choix de la Communauté de communes
Certes, ce projet est porté par la Communauté de communes du Grand Couronné car la moitié des communes de ce territoire a le statut de commune minière, car ce territoire se situe entre Meurthe (l’industrie) et Moselle (sel d’hier).
Le choix de la commune d’Haraucourt s’est alors imposé par sa situation sur l’axe d’exploitation, en bordure de plateau.
De plus, à proximité immédiate, sont fortement visibles les impacts de l’industrie sur les paysages : par le biais d’un observatoire on peut en faire la lecture du haut des effondrements.
Ce projet est ouvert aux territoires et communes voisins, les industriels, les universitaires et grandes écoles ont participé au groupe de travail.
Il convient de remercier les habitants du Grand Couronné qui ont accepté cette réalisation ouverte à tous, acceptant l’idée que le projet, tout comme la veine de sel, ne s’arrêtait pas aux frontières des communes ou des communautés de communes.
Il fallait aussi accepter de porter un projet lié à la culture et au tourisme. Il faut aussi remercier les financeurs qui ont accompagné la communauté de communes dans son projet : l’Etat, la Région, le Conseil Général et l’Europe.

Suite du projet de valorisation
Leur aide sera encore nécessaire car il reste chemin à faire pour cette mise en valeur du patrimoine salin : - créer une mallette pédagogique à l’attention des écoles - mettre en place les chemins thématiques reliant les communes minières du sel et qui seront le complément à l’observatoire mis en place avec le concours de Solvay, au-dessus des effondrements d’Haraucourt
- réhabiliter les chevalements du vallon de la Roanne, inscrits à l’inventaire complémentaire des monuments historiques
- créer la mise en réseau des sites lorrains
- développer l’échange avec les territoires européens qui ont la même approche du patrimoine salin.
C’est l’occasion de saluer le rôle que jouera l’association « Tous en sel » qui vient de voir le jour et souhaite porter haut l’animation autour de la maison du sel.

Demain
 L’intérêt du projet réside en un projet de territoire, projet qui n’est pas passéiste mais tourné vers l’avenir par les mises en réseau et les moyens modernes de communication qu’il suscite.
L’avantage, c’est un projet avec plusieurs portes d’entrée, ce qui peut permettre des étapes de réalisation par séquence suivant le souhait et les investissements de chaque territoire.
Ce projet s’inscrit dans un territoire compris entre Seille et canal du Sanon en s’adossant au Parc Naturel Régional de Lorraine et à la mine de Varangéville.
En résumé les enjeux sont de : *Valoriser un territoire aux yeux de ses habitants dont certains ignorent tout du gisement de sel sous leurs pieds.
*Contribuer à la reconversion des sites tout en en conservant la mémoire
*Renforcer le réseau entre les différents partenaires
*Affirmer une identité par un patrimoine.

CONCLUSION
Depuis des lustres, les hommes ont extrait sous terre les richesses nécessaires à leur besoin. La fin de l’exploitation du charbon et du fer nous a mis devant l’évidence qu’il pouvait y avoir une fin et c’est au vu de l’expérience de ces difficiles reconversions qu’est développé le projet de valorisation du patrimoine salin. Le sel ne doit pas être évoqué uniquement dans le saloir du boucher de la légende de Saint-Nicolas.
L’idée essentielle, d’un commun accord entre collectivités, industriels, grandes écoles, universités et associations est de préserver la mémoire et la culture du sel en réintégrant un espace longtemps fermé, en développant un rayonnement culturel et touristique.
Nous avons un devoir de mémoire mais aussi un devoir de proposition pour notre territoire, mais il ne pourra pleinement réussir qu’avec l’adhésion et le partenariat de tous les acteurs potentiels enfin, il faut souligner la nouveauté d’un tel projet autour du sel dont toute l’exploitation peut être vécue sur un même territoire.
Par ailleurs il y a remise en valeur de paysages modifiés artificiellement par l’homme et réappropriation d’une faune et d'une flore peu observée. Pour penser avenir, il faut savoir investir dans le champ culturel, un levier solide.
Nos communes ont longtemps vécu repliées sur elles-mêmes, ce qui n’est plus possible aujourd’hui. La culture est un élément de valorisation touristique et naturelle pour faire sortir l’or blanc de son silence.
 Merci à tous ceux qui feront vivre ce projet de territoire.
JP Jaillant.

La Maison du Sel, un bâtiment à haute qualité environnementale.

 A son tour Jean-Pierre Laurency Conseiller général du canton de Tomblaine rappelle l'importance de l'exploitation du sel gemme connu depuis l’antiquité sous forme de sources salées, le gisement de sel n’ayant été exploité de manière industrielle qu’à partir du 19éme siècle et reste un important poumon économique pour notre région grâce au 5 acteurs industriels qui l'exploitent toujours dans un ensemble de 11 concessions sur le bassin salifère de Nancy.

Puis ce fut l'intervention de Raphaël Bartolt Préfet de Meuthe et Moselle, évoquant dans son discours le rôle de la gabelle, cet impôt pris sur  "l'or blanc" obligeant les français à s'approvisionner obligatoirement dans les greniers royaux, portant son prix vingt fois supérieur à ce qu'il était, si longtemps perçu par l'État français, cet impôt très impopulaire fut source de contrebande et d'insurrections. Il faudra attendre1790 pour que cette gabelle soit abolie par l'Assemblée Constituante mais rétablie sous une autre forme d'impôt par l'Empire en 1806 (Sel de mer exempté). Cet impôt ne fut supprimé qu'en 1946 par l'Assemblée Nationale, mais il existe encore dans certains pays européens comme monopol d'État.


Un  buffet et un vin d'honneur à la salle polyvalente termina cette sympatique ouverture officielle de la Maison du Sel de Haraucourt.

db