Soutien au Musée du sel de MARSAL

Sentier pédagogique HARAUCOURT

Dans un  projet consistant à la réalisation d'un sentier pédagogique et aménagements annexes dans la partie urbaine de la Commune, pour relier la « maison du sel » à l'observatoire géologique et ornithologique des effondrements salifères, la commune de Haraucourt s’est engagée à prendre en charge la conception, la réalisation piétonne et l’installation de 5 panneaux pédagogiques le long du sentier.
L'ancien "gué-oir" dit "fontaine des pigeons" sera aménagé en "point couarail" où pourront se côtoyer visiteurs et habitants afin de favoriser le lien social.


L'ancien lavoir de Haraucourt 


La partie urbaine des travaux doit s'accompagner de la mise en sécurité routière du site et de la mise en conformité avec les règles d'accès à des personnes à mobilité réduite.

L’objectif étant de préserver et mettre en valeur le patrimoine salin et le patrimoine rural, favoriser et dynamiser les échanges humains dans le village et implanter des arbres en milieu urbain.



Rues du Port et Hanzelet à l'époque des usoirs.

C’est en 
patois lorrain que sera jalonné ce sentier tel que « guéoir ou gué-ouar » .
Au XIXe et XXe siècle, fontaine dont l’accès pavé est en pente douce, tout le monde est à peu près d'accord sur l'origine du préfixe "gué". Le suffixe peut avoir 2 origines différentes: en ancien français, les oies s'appelaient les oirs. Gué-oir signifierait "le gué des oies". Selon l'autre tendance, le suffixe viendrait du Francique warh : l’eau.


Voici un texte destiné aux panneaux qui vont ponctuer ce sentier pédagogique reliant la maison du sel à l'observatoire.

Le gué-ouar de Haraucourt ou fontaine des pigeons


Jusqu’au milieu du 20e siècle, les villages lorrains étaient équipés d’une ou plusieurs fontaines pour abreuver les animaux d’élevage. A cela, s’ajoutait généralement un lavoir et un gué-ouar (1). 

Située rue du Port, au carrefour de la route de Buissoncourt, La fontaine des pigeons cumulait les fonctions d’abreuvoir et de gué-ouar.


(1) gué-ouar  est un mot du patois lorrain. Cette langue n’étant pas écrite, elle n’a pas d’orthographe formelle. Le mot gué-ouar peut s’écrire gué-ouah ou guélloir ou gué-wahr; mais écrire égailloir ou égayoir est une erreur étymologique. Le gué-ouar était l’endroit privilégié des canards en semi liberté d’où la confusion avec égailloir, endroit où les animaux s’égaillent.


Modèle de Guéoir et fontaine à Bourdonnay en Moselle
Parcours culturel du Saulnois.

Dans la plus simple explication, gué-ouar signifie « eau à gué ». Selon la chanoine André VAILLANT dans «toponymes champêtres »,  l’explication est plus subtile. Ouar serait la contraction de 2 mots : ou signifierait l’eau et wad, remplacé par ah ou ar dans le langage courant, la pente. Ouar voudrait dire : « la pente qui descend vers l’eau ».

Il n’existe pas de mot équivalent dans le Français actuel pour désigner ce genre d’équipement. Certains dictionnaires parlent d’égayoir, en mentionnant l’origine Lorraine du terme.

A l’origine, les gué-ouars étaient de simples mares composées d’eau stagnante. ils étaient surtout destinés à laver les pieds des chevaux, au retour des travaux des champs, pour réduire les risques de maladie.


Avec la réapparition du choléra en Lorraine à la fin de la 1ère moitié du 19e siècle,  les autorités ont imposées l’assainissement des espaces publics par la suppression des eaux stagnantes. On a donc créé des caniveaux en pavés pour assécher les usoirs(2). Les mares qui servaient de gué-ouars ont été aménagées en pavés avec de l’eau constamment renouvelées.

Il n’existe pas de photo de la fontaine des pigeons avec son gué-ouar.

L'usoir : espace situé devant la maison lorraine, on y entrepose le fumier et le tas de bois !


On raconte même que le plus grand fermier est celui qui a le plus grand tas de fumier entreposé devant sa ferme.



Usoirs lorrains au début du dernier siècle .

Usoir est un autre mot Lorrain qui n’a pas d’équivalent en Français. Il désigne l’espace public situé entre les maisons et la chaussée. L’usage et le temps ont consacrés aux riverains un droit d’utilisation, malgré son appartenance exclusive à la collectivité. Ces droits ne sont pas codifiés et génèrent parfois des différends avec la Commune. En l’absence de codification en droit français, on se réfère le plus souvent au règlement des usoirs établit par le Département de la Moselle mais ce n’est pas une règle absolue.
TeS/CH/db14